E-commerce au féminin | Désirables, exemple de réussite

Hop! Le sommet du commerce de détail est le plus important rassemblement de détaillants au Québec. Il se tient les 22 et 23 mars au Palais des Congrès de Montréal. Une conférence a été donnée sur le thème de l’e-commerce au féminin, mettant à l’honneur deux talents d’ici. Dans ce premier billet d’une série de 2, je vous parle de l’entreprise Désirables Expérience Design, créée par Isabelle Deslauriers.

«Mon entreprise, à l’origine, ce sont mes amis qui m’ont dit ‘t’es pas game de faire ton projet de finissant sur les jouets érotiques’».

Game, Isabelle Deslauriers l’a été, et pas qu’à moitié puisque ce projet de fin d’études en design industriel s’est mué en entreprise: Désirables Expérience Design Inc. Au départ, il y a une réunion type Tupperware avec des accessoires érotiques, et un achat qui vire à la joke.

«Je suis repartie de là avec un jouet qui, une fois déballé, sentait le char neuf. Sa texture en latex accrochait la poussière. Résultat: je ne l’ai jamais utilisé. J’ai cherché à comprendre d’où venait mon inconfort, et c’est là que l’aventure a commencé», explique Isabelle.

D’abord, elle constate que la majorité des accessoires érotiques sont de piètre qualité, intégrant notamment dans leur composition des phtalates, des produits chimiques considérés comme étant cancérigènes. Elle observe également que la plupart des acteurs du marché misent sur la performance et l’anatomie. Or, Isabelle, qui s’intéresse aux principes de la sexologie, pense qu’il faut au contraire se pencher sur l’expérience pour pouvoir répondre aux réels besoins des acheteurs de jouets érotiques, qu’il s’agisse de besoins individuels ou de couple.

Elle se lance donc dans la création d’objets érotiques en porcelaine, et met en ligne sa boutique, en plus de distribuer dans des love shops – des boutiques qui ressemblent davantage à un magasin de lingerie et où peuvent se tenir des sessions de formation – et dans quelques sex shops.

«Innocemment, au début, je pensais que le monde entier allait visiter notre site et que nos produits se vendraient facilement. Or ce n’est pas comme ça que ça se passe. Pour attirer des gens sur son site, il faut faire de la publicité. Sauf que faire la promotion d’un produit érotique sur Facebook ou Google Adwords, c’est impossible, puisque tout mot qui s’apparente à de la pornographie est censuré!», raconte Isabelle.

Elle explique également que l’idée de créer une communauté sur Facebook est peu lucide: qui a envie de faire savoir à sa famille, ses amis ou ses collègues qu’il est un acheteur régulier de sex toys? Personne. Difficile donc de percer dans ce domaine si intime, voire tabou.

Mais Isabelle ne baisse pas les bras, et diversifie ses circuits de vente. De plus, si certains produits sont des meilleurs vendeurs en ligne (le jouet érotique), d’autres se vendent quasiment exclusivement en boutique (l’huile de massage). De la même façon, l’avantage du commerce électronique repose sur la discrétion et l’intimité, mais en cas de questions ou de demande d’informations, rien de tel qu’un face à face en boutique.

«Dans tous les cas, il faut que l’expérience client soit cohérente. Qu’il magasine en ligne ou en boutique, il doit reconnaître notre univers de marque, stable et constant», indique Isabelle Deslauriers.

En effet, c’est ainsi que l’engagement et la relation de confiance avec le client se bâtissent: un indispensable car un client heureux est un client qui passera le mot à son entourage, même lorsqu’il s’agit d’un produit aussi intime qu’un jouet sexuel.

On se rappelle d’ailleurs de la démonstration qu’Isabelle nous avait faite lors de la visite organisée par Mots d’Elles dans le cadre de la StartUp Open House dans les locaux de Désirables, en octobre dernier.

 Suivez mon 2ème billet ce vendredi sur l’entreprise Le Coffret de Rachel.

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