FrancoKaraïbes | Les convictions d’Ania Ursulet

Parle-nous du prix "Hommage aux femmes" que tu t'apprêtes à recevoir?

Créé en 2011 par Bébéto Lonsili, pour célébrer la Journée Internationale de la Femme, le Projet Hommage aux femmes organise sa 5e édition en 2016 sur le thème suivant : Inclusion sociale, émancipation et gouvernance. J’ai l’honneur d’être une des lauréates dans le cadre des activités interculturelles organisées par FrancoKaraïbes.
Au programme, plusieurs activités dans le courant du premier trimestre: des rencontres entre lauréates, une campagne de financement, des campagnes de soutien et bien sur des festivités grand public. Le gala se tiendra le samedi 5 et des conférences et activités culturelles suivront le dimanche 6 mars 2016.
Ce jour-là , j’animerai notamment un atelier sur le thème : favoriser l’inclusion sociale par la dynamique interculturelle. Vous pourrez retrouver l’ensemble des informations sur cet événement prochainement sur leur site web. D’ici-là, je vous invite à consulter la page Facebook dédiée.

Je suis très touchée par cet hommage que je partage avec tous mes compatriotes de la France d’outre-mer résidant au Québec ! À mes yeux, c’est un signe fort de reconnaissance de la présence et de la contribution des communautés de la France ultramarine installée au Québec.

Pourquoi les franco-caribéens ont besoin de FrancoKaraïbes ?

Je ne saurais dire si les franco-caribéens ont besoin de FrancoKaraïbes. C’est plutôt à eux de répondre à cette question. En revanche, je constate que les initiatives, activités et événements organisés par FrancoKaraïbes sont fédérateurs et trouvent un écho favorable auprès de mes compatriotes. Ils leur permettent de se retrouver, de partager ensemble des pans fondateurs de leurs cultures et leur donnent aussi plus de visibilité au niveau du grand public québécois.

J’espère donc que la mission de FrancoKaraîbes, soutenir et favoriser l’expression et la diffusion des cultures franco-caribéennes tout en favorisant une interaction avec la culture québécoise, participe de cette reconnaissance individuelle et collective au sein de la belle province.

Depuis mon arrivée au Québec fin 2012, j’ai noté un besoin croissant d’exprimer notre identité ultramarine. Bien qu’installées au Québec depuis environ plusieurs décennies, les communautés de la France d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion…) sont peu, voire pas visibles sur le plan culturel, alors que le Québec est une province qui encourage l’expression de la diversité culturelle et tout particulièrement Montréal, associée au Réseau des Cités interculturelles du Conseil de l’Europe depuis 2011.  

Pourtant, nombre d’événements existent (le Mois de l’histoire des Noirs, le Goût des Caraïbes, les week-ends du monde, Festival International Nuits d’Afrique, Le mois du Créole) et d’autres initiatives voient le jour. Cependant, toujours « labellisées » Caraïbes, Tropical, Afro-x, elles n’évoquent qu’une seule et grande communauté Afro-culturelle alors qu’elles mettent en avant des cultures aussi différentes que variées. Prenons par exemple la culture haïtienne et martiniquaise. Elles sont foncièrement différentes du fait notamment de contextes politiques, économiques et sociologiques, propres à chaque pays. Hors, elles s’expriment toutes deux au travers d’événements génériques, gommant par là même les spécificités de chacune. Il ne s’agit donc pas de se désolidariser des initiatives existantes mais bien d’ouvrir une nouvelle voie d’expression pour la France d’outre-mer. »

Enfin, de part son ADN interculturel, FrancoKaraïbes, en multipliant l’interaction et les échanges culturels avec le Québec, favorise aussi l’inclusion de nos communautés. Etre visible culturellement, c’est contribuer à une meilleure reconnaissance au sein du pays d’accueil.      

Qu'est-ce qui caractérise la culture franco-caribéenne?  

Les cultures de la France ultramarine sont multiples car elles se sont nourries des différents peuples qui y ont fait escale. Elles sont festives, conviviales, multi-générationnelles et pas élitistes. Elles trouvent leur pleine puissance dans l’interactivité, les échanges entre artistes et le public et requière donc la participation en nombre de l’auditoire. Du carnaval antillais au chanté Nwel, en passant par les fêtes patronales, plus il y a de monde, mieux c’est !  On chante, on danse, on mange, on partage bien plus qu’une soirée ou un moment, on partage un moment de vie !

Quels sont les principaux défis dans la gestion d'un OBNL?

À mes yeux le défi principal, ce sont les ressources humaines et budgétaires afin de pouvoir lancer et pérenniser son idée, sa structure et ses activités. Sans équipe, sans expertise et sans budget, on en peut pas y arriver.

Défi collatéral : établir un standard d’excellence pour être crédible et perdurer. En fait, faire les choses bien. Piloter l’OBNL comme une entreprise. Mais comment faire quand on ne maîtrise pas les relations presse, la logistique événementielle, le marketing ou encore les réseaux sociaux? Difficile de s’improviser relationniste, graphiste, community manager ou encore gestionnaire ?

C’est une situation à laquelle j’ai moi aussi été confrontée. J’ai heureusement une expertise en Marketing, Communication et événementiel ce qui m’aide beaucoup. J’ai surtout la chance d’avoir à mes cotés une équipe formidable, de jeunes bénévoles dynamiques, mobilisés et fidèles pour me soutenir dans les domaines pour lesquels je n’ai pas suffisamment de compétences. Je remercie donc Joséphine, Marine, Yanice et Meriam qui collaborent en ce moment au succès de FrancoKaraïbes !

Que nous réserve FrancoKaraïbes en 2016?

FrancoKaraïbes célebrera ses 3 ans en février prochain. En effet, l’OBNL a été créée le 13 février 2013, dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs. Comme chaque année à cette période, nous participons activement à ce Mois et proposons des événements et des activités grand public.

Au programme cette année, l’opération soupesoup en outremer en partenariat avec la compagnie québécoise soupesoup qui concoctera 4 soupes originales en exclusivité durant 4 semaines, en mettant en avant 4 destinations de la France ultramarine : Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion. Une bonne façon de mieux connaitre ces destinations exotiques et de se réchauffer dans le froid de l’hiver québécois !
De plus, afin d’encourager le grand public à découvrir nos îles, nous lançons un tirage au sort pour remporter un livre de recettes de Caroline Dumas. 

Par ailleurs, nous soutenons chaque année une cause. J’ai choisi la cause des femmes sans enfants en partenariat avec le blogue femmesansenfant.com. Le dimanche 14 février, nous invitons les femmes sans enfants par choix ou par circonstances de la vie, toutes générations confondues, à participer à un événement créatif et bien-être, en compagnie d’une sociologue et artiste guadeloupéenne, pour créer une oeuvre collective en mots, poésie, collage, dessin, mouvement. Et pour conclure ce rendez-vous, les participantes repartiront avec plein de cadeaux généreusement offert par plus d’une dizaine de partenaires pour un montant de +8700$ ! Informations et inscriptions avant le 4 février. 

Enfin, nous travaillons sur un gros projet collégial pour offrir plus de visibilité, à tous les ultra-marins. Nous les solliciterons pour participer activement et en nombre à ce projet, dans la 2e quinzaine du mois de février. Rendu final du projet, certainement dans le cadre du Mois du Créole en octobre prochain. Restez donc à l’affut en visitant notre site web et notre page Facebook. 

Ania, toute l’équipe de Mots d’Elles te souhaite un bon succès!

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