Boucle & Papier | Jessyca Houle veut nous redonner goût à l’écriture

Il y a 6 mois, au croisement des rues St-Laurent et Fairmount, une adorable papeterie a vu le jour: chez Boucle & Papier, les cartes de voeux côtoient les affiches, les agendas et les carnets signés d’artistes du Canada ou d’ailleurs… Bref, un repère pour les amoureux du papier, des mots ou des dessins. À l’heure où le numérique prend une place de plus en plus importante dans nos vies, qu’est-ce qui a décidé Jessyca Houle, bientôt maman de 3 bambins, à se lancer dans l’aventure de l’imprimé? Entrevue avec une jeune femme passionnée et créative.

Comment décide-t-on, en 2015, quand tout le monde a le nez sur son téléphone ou sa tablette, d’ouvrir une boutique d’article de papiers?

Jessyca Houle: c’est certain que j’ai été pas mal questionnée, mais moi je ne pouvais pas croire que j’étais la seule au monde à utiliser un agenda papier ou à envoyer des cartes de temps en temps! [rires] Lors de mon premier congé de maternité, j’ai pas mal voyagé en famille et j’ai vu des papeteries à Toronto ou en Californie qui marchaient super bien, avec une vraie personnalité. J’ai alors eu comme une illumination, je me suis dit: OK, c’est ça que je veux faire!

Tu avais déjà dans l’idée d’ouvrir ton commerce?

J.H.: oui, ça me trotte dans la tête depuis un moment. Aux études déjà, j’ai obtenu un BAC par cumul de certificats, dont un en création d’entreprise. De plus, mon père est entrepreneur et ma mère et moi avons toujours eu une foule d’idées de création d’entreprises. Mais c’est vraiment il y a deux ans, après avoir eu le coup de coeur pour une papeterie en Californie, que j’ai décidé de partir ma propre boutique. J’en ai parlé à mon mari, et en bon financier, il m’a conseillée de commencer par réaliser un plan d’affaires solide afin de voir si je pourrais vivre de ce commerce: après tout, le papier, ce n’est pas du luxe,  ça ne se vend pas cher! Mais j’ai bien fait mes devoirs, et on a trouvé la formule financière qui fait que l’équilibre est bon.

Tu vas bientôt être maman pour la 3e fois: comment concilier sa vie de famille avec le lancement d’une entreprise? 

J.H.: entre temps, j’ai eu mon deuxième bébé. C’est pendant mon congé de maternité que je me suis dit que pour partir ma boutique, c’était maintenant ou jamais. C’est trop difficile de mener à bien un projet personnel de cette envergure tout en travaillant et en s’occupant des enfants. Donc je me suis lancée, et 6 mois plus, tout s’est aligné. J’ai fait des foires commerciales pour rencontrer des fournisseurs et des artistes, j’ai trouvé mon local… Concrètement, pour une femme, il n’y a pas de bons moments. Tu vois là, la boutique a 6 mois, et je suis de nouveau enceinte. Et alors? Il faut saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, car le timing idéal n’existe pas pour nous! C’est sûr que ça va être un challenge, je ne dis pas que ce sera agréable et facile 24/7, mais il faut aller au bout, même si au final le projet ne fonctionne pas. Une entreprise, c’est comme un nouveau-né: tu ne sais pas comment faire, tu apprends sur le tas… et tu fais de ton mieux pour que ça marche!

Qui sont tes clients?

J.H.: ce sont des gens comme moi. Beaucoup de mamans et de jeunes professionnelles qui habitent et/ou vivent dans le quartier et qui adorent écrire. Certaines reviennent à chaque semaine, pour regarder ce qui a changé, voir les nouveautés… Il y a bien sûr des hommes qui passent, mais l’esprit de la papeterie, signé de l’agence lg2boutique, est définitivement girly. J’aime cependant avoir des articles neutres, unisexes, plus classiques, comme du Moleskine, du Rodia… D’ailleurs, c’est un peu l’idée qui se trouve derrière le nom de la boutique: la Boucle pour le côté féminin, le Papier pour le masculin. Une sorte de Yin et Yang, finalement. 

Qu’est-ce qui les amène dans ta boutique, selon toi?

J.H.: je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, il y a la tendance du retour aux sources: les gens veulent se remettre à écrire sur du beau papier, qu’ils peuvent toucher. Envoyer une carte avec des voeux dedans, c’est très simple et ça fait tellement plaisir: je ne pense pas que ce soit une habitude totalement perdue, au contraire. Il y a aussi le fait que la boutique a un esprit particulier, qui reflète vraiment ma personnalité, et dans lequel les clients se retrouvent. Le fait que je sois la première petite enseigne du genre joue aussi certainement un rôle dans le succès de Boucle & Papier. Enfin, j’attache une grande importance à ce que l’inventaire soit très souvent renouvelé: avec ma clientèle archi-locale, je me dois de leur proposer de la nouveauté très régulièrement pour leur donner envie de revenir.

Boucle & Papier
5183 rue Saint-Laurent

Crédit photo: Vicky Rousseau.

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