Et si on s’y prenait différemment ?

J’ai toujours été un ardent défenseur de la cause et de la place des femmes dans le monde. Auprès d’amis, collègues, famille, profitant de toute occasion qui m’était donnée pour décrier, dénoncer toute situation que je trouvais injuste dans le traitement inégal des femmes et la reconnaissance de leurs forces et capacités en milieu professionnel, politique ou celui des affaires.

J’ai récemment eu la chance d’assister à un échange, en toute intimité, avec une femme d’affaires d’ici. Un modèle de réussite dans le milieu, qui généreusement témoignait de son expérience, de ses valeurs et de ses leçons devant une assistance de jeunes gens d’affaires exaltés.

Profitant d’une période de questions ouvertes à l’assistance, je me suis avancée à poser la question que la combattante en moi brûlait d’envie de poser. Quelque part, pour saluer encore plus le parcours de cette entrepreneure qui avait dû faire face à bien des défis et préjugés simplement pour avoir été femme dans un milieu où le fait était pour le moins dire rare à l’époque.

« Étant une femme œuvrant dans le milieu des affaires, qui reste un milieu à dominance masculine, quels sont les défis que vous avez eu à surmonter ? »

Une question bien typique, me direz-vous. Et pourtant, elle a donné lieu à l’un des échanges les plus passionnés de la session. Je n’en saurais reprendre tous les éléments, tel n’étant pas le but de cet article, mais son message essentiellement voulait que les femmes arrêtent de penser et d’agir comme si elles n’avaient pas tout ce qu’il fallait pour réussir et de se soucier de comment les voit ou les considère leur homologue masculin.

Pour être franche, je ne savais pas trop quoi faire de cette réponse au début. Moi qui m’attendais au récit de l’amazone ayant tout conquis, je me faisais gentiment tancer sur mes paradigmes. Je me suis questionnée tout le chemin du retour, partagée sur cet échange, et peut-être ma façon trop carré (ou devrais-je dire féministe) de voir et d’aborder la question de la place des femmes…

Jusqu’à me demander… Et si on arrêtait de décrier, réclamer, parler quotas, du manque de représentativité des femmes dans les hautes sphères….

Soyons clairs, je ne parle pas ici des injustices et violences faites quotidiennement à des millions de femmes dans certains pays où l’égalité ou l’accès à l’éducation des femmes sont des droits qui ne sont pas même pas encore acquis et pour lesquelles il est essentiel de dénoncer et lutter contre.

Mais, ici même au Québec, le combat à mener est différent. Certes, il reste encore du chemin à faire en termes de parité, de la place des femmes dans des positions de pouvoir, de gestion etc.

Mais… Et si nous nous y prenions différemment ? Et si les femmes prenaient tout simplement leur place, sans sentir le besoin de se justifier ou de se défendre de la vouloir, fortes de leurs compétences et de leurs apports, en misant sur des réseaux forts et l’entraide, une sorte de révolution tranquille

Un mentor, un haut dirigeant d’une compagnie bien établie, m’a dit un jour « Si tu vois un mur devant toi, vas-tu foncer dedans pour l’abattre ou vas-tu essayer de le contourner ? »

Je n’avais pas pris conscience de la portée de son message jusqu’à aujourd’hui…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Article de Vanessa Cherenfant
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