« Il n’y a pas de secret dans les affaires : l’essentiel c’est la discipline et le travail ».

Plusieurs ont déjà entendu parler de la boutique Rix Rax. Mais ce qui m’a amenée à faire un tour dans cette boutique du Plateau au début du mois de septembre, c’est sans aucun doute la femme derrière cette entreprise qui fête aujourd’hui ses 25 ans d’existence. « Tout le monde  connaît le gros bouton doré angle rues Gilford et Saint-Hubert!» me dit-elle.  Un point de repère pour designers, apprentis et curieux à la recherche de la perle rare…le bouton qui fera la différence. Le point de départ de Rix Rax est 1987, quand Juliette Trolio achète un fond de commerce de laine et d’artisanat, « Le Grenier ». C’est en y découvrant des éléments de couture qu’elle a l’idée d’ouvrir une mercerie. Plus tard, lors d’une transaction semblable, c’est à la découverte d’un mur rempli de boutons qu’elle décide d’en faire sa spécialisation. « Quand on est à la bonne place dans la vie, les choses arrivent ». C’est ainsi qu’au fil des années, les « choses » n’arrêteront pas d’arriver pour Juliette Trolio, qui parcourt le monde à la recherche des meilleurs fournisseurs, survit aux crises et à une concurrence qui ferme ses portes, tout en misant sur une clientèle de niche qui lui est fidèle.

« J’aime trouver ce que les gens cherchent ». On le comprend bien en l’entendant expliquer comment tout dans la boutique est prévu pour permettre à la fois au client et au personnel de Rix Rax de trouver la pièce désirée. Agencement de couleurs, meuble de rangement, présentation…tout pour faire partie de la solution au problème du client qui vient chez Rix Rax.

Intriguée par la bosse des affaires de cette femme, j’insiste pour connaître son secret. « Il n’y a pas de secret dans les affaires : l’essentiel c’est la discipline et le travail ». Un quart de siècle de travail qui lui vaut aujourd’hui la confiance de clients de renom, allant de Chantal Renaud à Anne-Marie Cadieux, sans oublier Philippe Dubuc, qui sont tous venus cogner à sa porte. Elle me révèle avec une étincelle dans les yeux que Jean-Paul Gaultier lui a promis une visite à sa boutique : et elle l’attend avec impatience !

Sa plus grande qualité est sans nul doute son côté sociable, qui l’aide à toujours être d’attaque à la boutique pour recevoir sa clientèle. Mais, ce qu’elle aime le moins c’est le manque de respect que l’on pourrait avoir sur son métier, en minimisant le travail qu’elle réalise avec sa mercerie. Dans un contexte difficile pour un commerce de détail, dans le milieu de la mode, installé sur le Plateau, Juliette avoue que le manque de considération du travail des commerçants et entrepreneurs montréalais décourage beaucoup. Mais, « il faut avoir foi en son entreprise. Cependant si c’était à refaire, je ne le referai pas !», me confie-t-elle en riant.

Il n’y aura rien à refaire, Juliette. Le succès de votre boutique prouve la place de choix que vous détenez, au cœur de Montréal. Un très heureux 25ième anniversaire à vous.

Crédit photos : Sophie Pascal.

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