Sarah Prevette et les femmes en technologie

Je crois que le fait d’avoir participé à la deuxième édition de l’International Start-up Festival à Montréal la semaine dernière m’a fait penser aux femmes d’affaires dans les technologies. Pour avoir rencontré certaines sur le site du Festival, je crois qu’un nom m’est venu en tête, c’était celui de Sarah Prevette. Elle a d’ailleurs été conférencière l’an passé, une intervention que suis bien triste d’avoir manquée !

Sarah Prevette m’intrigue. C’est à 21 ans que l’Ontarienne lance      sa première entreprise, Upinion …qui fait faillite. Elle se reprend en 2009, à 28 ans avec sprouter.com une communauté en ligne des solutions aux entrepreneurs derrière les startups. Cette idée qualifiée de géniale par plusieurs grands noms de l’industrie lui mérite même une place au prestigieux classement « Top 30 under 30 » du magazine Inc. en 2010. Quelques temps après, en août 2011, la fondatrice annonce la fermeture du site…faute d’utilisateurs (ou plutôt de clients payeurs) et de modèle économique performant. Le fait d’avoir sacrifié son salaire pendant un an n’aura pas beaucoup aidé dans sa stratégie de faire lever son concept.

« La plupart des entreprises en démarrage connaissent l’échec parce que leurs fondateurs laissent tomber. Cela prend beaucoup de travail acharné, cela coûte deux fois plus que prévu, et cela prend trois fois plus de temps que prévu. Quelle est la solution ? Il ne faut pas baisser les bras », a-t-elle confié. Coup de théâtre, en octobre 2011, après un été plein de retournements, une annonce sauve l’équipe de Sprouter et du coup le concept de Prevette : Postmedia Network, le plus important éditeur de quotidiens de langue anglaise au Canada, décide d’acquérir la start-up et assure ainsi, du moins pour un certain temps encore, la continuité de ses activités. Les détails de l’entente n’ont pas été divulgués à l’annonce, mais on sait que Sprouter est devenu une division de Postmedia, continue à opérer sous son nom et son image de marque, ainsi qu’avec sa fondatrice.

Sarah Prevette m’intrigue parce qu’elle fait partie des rares entrepreneurs qui osent parler de l’échec, véritable sujet tabou dans notre coin du pays, contrairement aux États-Unis par exemple. « Il m’a semblé très important d’admettre que oui, j’ai fait des erreurs. Les porteurs de projets se doivent de partager leurs erreurs. C’est une façon de participer à l’évolution de tous. » En côtoyant un public majoritairement masculin (de loin) la semaine dernière, je me demande pourquoi cela est le cas. Tout comme Sarah, je crois que « pour créer une solide culture de l’entrepreneuriat qui permette également aux femmes de trouver leur place, il faut tout simplement en parler, montrer au maximum des exemples de réussite ».

Interrogée sur le la présence des femmes dans le secteur, elle dit que « les nouvelles technologies ne représentent pas un domaine attractif pour les femmes ». Elle n’est pas la seule à aller dans ce sens d’ailleurs. Auteure de nombreux rapports sur les femmes et la technologie, Denise Shortt pense également que l’informatique et les nouvelles technologies ont un important problème de marketing. La développeuse web, Shannon Smith, va même jusqu’à déplorer sur son blogue la « discrimination peu subtile » dans le milieu des entreprises en démarrage.

Dans une semaine où on a vu la nomination d’une femme à la tête de Yahoo !, Marissa Mayer, j’ose espérer que le répertoire de modèles d’inspiration pour les femmes s’agrandit.

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