« Faire des affaires autrement et de manière durable »

« Ce qui aide en démarrant son entreprise, c’est de s’entourer d’autres entrepreneurs, issus de milieux différents à qui l’on peut parler […], mais surtout qui comprennent ce que nous vivons » L’aventure de Zorah commence en 2003 alors que Mélissa Harvey réalise un stage de coopération internationale au Maroc. Durant ce séjour, elle découvre l’huile d’argan grâce au travail d’une coopérative de femmes berbères. Quelques mois plus tard, munie de cette précieuse huile reconnue pour ses propriétés cosmétiques et nutritionnelles, Mélissa retourne à Montréal avec la volonté de l’introduire dans un marché jusque-là vierge.

C’est avec l’aide d’experts en biochimie que l’entreprise Zorah Biocosmétiques naîtra du travail acharné de ses deux fondateurs, près de quatre ans plus tard. « Si j’avais un conseil à donner, ce serait de partir en affaires en couple!» conseille Mélissa en riant. Car, explique-t-elle, dans son cas, les talents de son conjoint complétaient parfaitement les siens.  Par ailleurs, se lancer avec son conjoint Richard Morin, lui a donné cet appui fondamental au démarrage, et la relation d’affaires qui en est née, lui a permis de renforcer les liens de son couple. Elle insiste cependant pour rappeler l’importance de dissocier les deux. « Après 17heures, c’est fini. À la maison, avec la petite, il faut parler d’autre chose».

Démarrer son entreprise l’aidera également à découvrir des facettes de sa personnalité qu’elle ignorait. « Avant, je ne savais pas que je pouvais être douée pour le travail d’équipe et pour motiver les autres. J’ai également été agréablement surprise de constater que je pouvais gérer plusieurs choses en même temps sans perdre le fil. C’est également surprenant de constater que l’entreprise grossit suite au travail fourni ». Il faut dire que Mélissa se déplace encore pour faire de la représentation pour son entreprise, anime des conférences à HEC sur le commerce équitable, en plus d’assurer la gestion quotidienne de Zorah et des employés. Un agenda bien rempli pour cette jeune femme dynamique et enjouée !

Depuis 2006, Zorah Biocosmétiques a obtenu la première place à plusieurs concours d’entrepreneuriat connus au Québec, dont le Défi de l’entrepreneuriat féminin (2007), le concours québécois en entrepreneuriat (2007) et le prix Desjardins Entrepreneurs (2009), entre autres. Pour Mélissa, être une femme en affaires n’est pas un obstacle, bien au contraire.  Elle avoue s’estimer « chanceuse d’être née dans un pays comme le Québec », où l’entrepreneuriat féminin est valorisé et que la femme est soutenue pour se lancer en affaires grâce à différentes initiatives. « Négocier dans le monde des affaires au Québec en étant une femme est loin d’être un problème, ce qui n’est pas le cas aux Émirats, par exemple ! » s’exclame-t-elle.

Cette entrepreneure accessible veut faire des affaires autrement : en alliant le volet biologique au commerce équitable sans oublier des notions écologiques, Mélissa Harvey n’a lésiné sur rien. Son entreprise propose un produit haut de gamme, certifié biologique, fabriqué par une coopérative de travail et mis dans des pots qui une fois récupérés sont utilisés pour faire des bijoux (qu’elle portait fièrement lors de notre rencontre, d’ailleurs !). L’emballage est produit au Québec et ce sont ces efforts, cette constance et une conscience hors-pair qui lui valent une place de choix auprès d’une clientèle et de partenaires fidèles. Aujourd’hui encore, elle s’approvisionne auprès de la même coopérative marocaine qui lui a fait découvrir l’huile d’argan.

 « Pour moi, la réussite c’est une question de timing. Et je peux dire maintenant, qu’après cinq ans, le timing est excellent pour Zorah: aujourd’hui, la tendance pour les biocosmétiques et l’huile d’argan au Québec est à son meilleur » L’entreprise compte maintenant une vingtaine d’employés et agrandit ses locaux pour accueillir de plus grands projets et de nouvelles ambitions : avec plus de 300 points de vente à travers le Québec, l’Ontario, et le Liban, l’équipe se prépare à s’installer en  Colombie-Britannique, en Turquie et aux États-Unis.

Zorah prouve qu’il est possible de fabriquer de manière équitable des bons produits, qui respectent les humains et l’environnement, tout en étant rentable.

Question de timing, on peut dire que la vision de Mélissa s’inscrit dans la durée.

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